[...] l'autre version de la photographie de paysage.

Dernière mise à jour : 5 juil.

Oui! Un certain moment donné des gens proches de moi m'ont expliqué à quel point ils aimaient mieux mes images quand elles ressemblaient à des "cartes postales". Sur le coup, c'est un compliment mais après un instant... C'est la honte! J'ai réalisé assez vite que "la carte postale" n'est rien de moins qu'un village Potemkine. Une sorte d'idéal irréel, sans propos et sans intérêt à part celui de vendre du rêve. À ce moment, la photographie de paysage devenait soudainement hyper anémique.

Robert Adams, Tract House, Westminster, Colorado, 1974

Un peu plus tard dans ma vie, j'ai été exposé à l'autre version de la photographie de paysage. Celle qui se détache des sacro-saints principes puristes d'Ansel Adams. Celle qui provoque l'esprit et surtout celle qui questionne notre perception de la réalité. Mes idées préconçues ont donc été mises à l'épreuve par la nouvelle topographie. Un style photographique qui sollicite le sens critique et qui provoque encore aujourd'hui la réflexion.


Qu'est-ce que la nouvelle topographie?


En 1975, Robert Adams, Stephen Shore et quelques autres photographes participent à une exposition collective à l'International Museum of Photography au George Eastman House à Rochester dans l'état de New York. L'exposition s'intitule : New Topographics : Photographs of a Man-Altered Landscape.


Un nouveau courant voit le jour et la nouvelle topographie ou "l'art de la périphérie" s'imposera tout au long des prochaines décennies. On propose alors un questionnement sur la place qu'occupe l'humain dans son environnement. En termes simples, c'est de la photographie de carte postale revue et corrigée. Plus sérieusement, ce genre oblige l'artiste à se pencher sur la notion de territoire. Elle met donc l'emphase sur l'intervention de l'humain dans sa propre périphérie.

[...] all of the new topographic photographers focused their work on man's impact on the landscape, exploring themes of suburbanisation, mass- consumerism and environmentalism. They did this through capturing elements of landscape, often even subtly, to demonstrate how the natural landscape portrayed in the work of earlier photographers, such as Ansel Adams, is not in fact a true representation of a the post-industrial landscape.
- Laura Aldington

West 9th Avenue, Amarillo, Texas, October 2, 1974
Stephan Shore, West 9th Avenue, Amarillo, Texas, October 2, 1974

L'analyse de Mme Aldington est juste. D'ailleurs, je vous invite à lire l'intégral de son essai. Par contre, il y a une dichotomie entre les analyses actuelles et celles de jadis.


On disait à l'époque que les images de Shore et Adams était neutres et même dépourvues d'émotions. Personnellement, je trouve ce genre de propos assez réducteur. Il n'y a rien de banal dans le fait de questionner son milieu de vie ou d'explorer les enjeux reliés à la présence humaine. Du moins, en 2022, ce genre de propos est d'actualité. Les images des premiers néo-topographes étaient clairement dans l'avant-garde.


Enfin, j'en profite pour dédier à ce courant ma prochaine série : Traces : Une mythologie Américaine qui sera exposée prochainement à Bromont dans le cadre de l'événement intitulé : Ce qui nous compose. L'exposition collective propose le travail de 5 artistes qui se questionneront sur la notion de territoire.


J-


À lire

Exposition | Ce qui nous compose | Bromont | Le 23 juin 2022

Laura Aldington, Essaie on New Topographique






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